"Au fond, il semble que Julien Bouissou veuille éclairer la matière, lui restituer sa part de lumière ce qui revient à décharger le corps de son pesant de part d’ombre, de compacité, de repli sur soi, tout simplement de poids en tous genres."

 

Sa démarche:

"Les œuvres que je produits sont axées sur la trace, la couleur, la lumière et le rythme. Chacune procède d'une graphie, manifeste d'un cheminement.

Ma démarche plastique emprunte la voie de différents médiums tels que la peinture, la photographie, l'installation et la performance. Elle est basée sur l'action plastique et se caractérise par un questionnement multiple du support de l’œuvre en tant que territoire esthétique. "

 

"Mon travail pictural est axé sur la notion de projection, dans son acceptation la plus large, usant du support comme d'un écran. Cet écran est une zone inconnue, un territoire que je conquiers en cheminant. Ma circulation, très proche des enjeux du dessin, évoque la calligraphie. Manifeste de l'action de tracer, elle est non moins l'objet d'une recherche sur la lumière et la couleur et d'une quête permanente de l'état juste de la matière. Une maigreur et une légèreté traduisant l'instantanéité du geste. Mes peintures sont le fruit d'un processus de recherche qui a aboutit à la création d'un procédé de transfert sur plâtre à tirage unique. Cette nouvelle fresque me permet d'obtenir la légèreté d'un décalque. Cela a pour effet de projeter le dessin au devant du spectateur."

 

Julien Bouissou rend concrets en peinture quelques gestes simples, où la main retrouve ses prérogatives, quand les déplacements manuels se font traces émergeant en surface, tels des signes issus d’un savoir oublié. Un peu comme ces plages de fresques colorées, dans quelque église, émergeant d’un mur brut.

En fait ses tableaux présentent la netteté immaculée du plâtre sur lesquels sont transférés les élus d'une quête préalable, exécutée sur un autre support, de verre, à l’horizontale. Ainsi le geste est, au sens propre, posé sur une surface qui ne l‘absorbe pas mais lui conserve son relief, et lui maintient ses effets de lumière.

Car la couleur se veut douce : nous ne sommes que trop envahis de couleurs agressives et artificielles. Celle-là est fluide et transparente, légère et aérienne à ce point qu’elle semble flotter dans l’espace qui lui est dévolu, comme si elle s’émancipait de la pesanteur du quotidien et des lois de la physique. (…) Ses signes ne sont pas bavards, à l’instar de ceux que nous croisons dans notre environnement interurbain, mais imposent en quelque sorte le silence. Un silence d’autant plus précieux que rare, un silence aérien.

Le format rappelle celui plus intimiste du dessin et la gestuelle colorée fonctionne comme un dessin sur le tableau, cet art supposant une certaine maîtrise technique. Il ne s’agit pas de lyrisme abstrait. Il s’agit plutôt d’exprimer la lumière à partir d’une matière qui se veut économe et sobre. Chez Julien Bouissou on n’est pas dans la prodigalité déferlante et l’empâtement généreux mais dans l’expression juste de la rareté. Il est plus proche du haïkaï que de l’écriture automatique. (…)

 

* Extrait du texte " A main levée" de Bernard Teulon Noailles

 

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